Ah le Géant de Provence… C’est pas une montagne, c’est un monument, une vieille canaille qui te regarde grimper en rigolant dans sa moustache de caillasse. Dans l’étape du jour, c’est souvent le seul gros morceau à mâcher, mais alors attention, c’est du dur, du coriace, du « faut pas rigoler avec Mamie ».

Tu traverses l’Hérault tranquillou, le Gard peinard, le Vaucluse la fleur au fusil… Et puis paf ! Y’a plus qu’une route, une seule, pour se tirer la bourre jusqu’au sommet. Entre Bédoin, joli petit bled où on vend plus de cafés qu’on en boit, et l’observatoire tout là-haut, planté comme une antenne télé sur la Lune, t’as 15,7 bornes à t’avaler avec une pente moyenne à 8,7 %. Oui m’sieur-dame, c’est pas une côte, c’est un supplice en règle.

Et alors là-dedans, y’a de quoi sortir les banderilles à chaque virage, y’a des options d’attaque comme dans une bonne partie de belote : à la volée, à la coinche ou en douce sous le comptoir. Bref, si t’as des cannes, c’est l’endroit rêvé pour mettre tout le monde au pas. Et si t’en as pas… ben t’as qu’à prier Saint-Pignon.