Alors là, les gars, on va pas se mentir : pour voir un Tour de France sans gros sprint jusqu’au cinquième jour, faut remonter à 2015, et avant ça carrément à 1992… autant dire l’époque où certains mécanos avaient encore la moustache réglementaire et où les oreillettes c’était des gâteaux en Provence.
Et comme par hasard, en 1992 aussi, le Tour était parti d’Espagne. Coïncidence ? Peut-être.
Bref, cette fois, entre Lannemezan et Pau, on a dessiné une étape bien plate, bien propre, sans bosse pour faire tousser les sprinteurs. Une route faite pour les grosses cuisses, les trains lancés à 70 km/h et les gars qui frottent tellement qu’ils pourraient poncer une table en chêne rien qu’avec les coudes.
Les baroudeurs, eux, vont sûrement tenter leur chance, parce qu’il en faut toujours deux ou trois pour faire croire qu’on ne connaît pas déjà la fin du film. Ils partiront devant, prendront un peu de champ, passeront à la télé, feront plaisir au sponsor, puis les équipes de sprinteurs vont remettre l’église au milieu du village et les échappés au milieu du peloton.
À Pau, sur la place de Verdun, ça sent donc le grand débarquement des fusées. Les sprinteurs ont les mollets qui démangent depuis le départ, les lanceurs la tête dans le guidon, et les directeurs sportifs doivent déjà hurler dans les oreillettes comme s’ils commentaient une foire aux bestiaux.
En résumé : étape pour costauds pressés, échappée condamnée sauf miracle, et arrivée massive probable. Sortez les jumelles, ça va débouler plus vite qu’un pilier de rugby quand le patron annonce la dernière tournée.