Alors là, les gars, vous loupez pas, c’est là ou sera toute l’équipe Michamax, en bord de route, fière et solide, à vous attendre pour trinquer et discuter.
On attaque le vrai menu montagnard: là, c’est garbure, confit, fromage de brebis et digestif. L’étape la plus sélective du séjour pyrénéen, autrement dit celle où les grosses cuisses du plat commencent à voir la voiture-balai dans le rétro.
Au programme, du classique avec le col d’Aspin et le Tourmalet, les deux vieux patrons des Pyrénées. Ceux-là, ils n’ont plus rien à prouver.
Sur le papier, les grands favoris peuvent se mettre une bonne explication entre hommes. Mais attention : pour que ça parte vraiment en bagarre générale, il faudra oser lancer les hostilités avant les quarante derniers kilomètres. Et ça, dans le cyclisme moderne, c’est comme commander un Perrier au banquet des chasseurs : ça peut arriver, mais tout le monde regarde bizarrement.
Parce que si les cadors attendent, calculent, se regardent dans le blanc des lunettes et laissent les oreillettes faire le boulot, alors on risque de voir les baroudeurs-grimpeurs jouer leur carte.
Et derrière tout ça, il y a Gavarnie. Le cirque, le vrai, le somptueux, sans filtre Instagram. La montée finale est longue, 18,7 km, mais roulante à 4 % de moyenne.
En résumé : soit les favoris se décident à dégainer dans Aspin ou le Tourmalet, et là on aura du grand spectacle ; soit ils jouent au poker menteur jusqu’au bout, et un échappé costaud ira lever les bras à Gavarnie pendant que les leaders feront semblant d’avoir tout maîtrisé.