Alors là, les copains, on quitte les Pyrénées, on range les piolets, les cordages et les chaussures de rando. Direction Bordeaux, avec une grande traversée de la forêt landaise. Autrement dit : des pins, des lignes droites, des pins, des lignes droites … Tu te demandes si le décor n’est pas en boucle comme dans un vieux jeu vidéo.
Pour les échappés, soyons francs, ça sent la journée compliquée. Ils vont bien tenter de partir, parce qu’il faut toujours un courageux pour faire honneur au sponsor et montrer le maillot à la télé. Mais dans les Landes, pour piéger les équipes de sprinteurs, il faut soit un vent de côté bien méchant, soit un directeur sportif fou qui te lance l’équipe entière en contre la montre.
Parce que derrière, les gros trains de sprinteurs vont se mettre en marche. Et quand ces gars-là décident d’arriver à l’heure, c’est pas le TER du dimanche matin : c’est plutôt le TGV avec les coudes sortis, les mollets huilés et le chef de gare qui hurle dans l’oreillette.
Bordeaux, c’est un classique pour sprinteurs : large, rapide, prestigieux, avec juste ce qu’il faut de décor pour faire croire que les gars ont le temps de regarder l’architecture. En vrai, à 65 km/h dans le dernier kilomètre, ils voient surtout des roues, des épaules, et leur vie défiler entre deux barrières publicitaires.
En résumé : étape pour les grosses cuisses, échappée courageuse mais probablement condamnée, et arrivée massive très probable. Une journée où les grimpeurs soufflent enfin, les sprinteurs affûtent les canines, et les directeurs sportifs règlent les trains comme s’ils bossaient à la SNCF… sauf que là, normalement, ça arrive à l’heure.