Oh les gars! On change de registre. Fini les grandes lignes droites pour sprinteurs bien coiffés, là on part en Corrèze, et en Corrèze, la route ne fait pas de cadeau. Elle monte, elle descend, elle remonte, elle redescend… bref, c’est pas une étape, c’est un grand huit réglé comme à Port Aventura.
Pour prendre l’échappée du jour, le billet va coûter cher. Très cher. Avec 3 300 mètres de dénivelé positif, c’est réservé aux costauds, aux baroudeurs solides, aux gars qui peuvent encaisser les bosses.
La répétition va faire mal. Une bosse, puis une autre, puis un faux plat qui n’est faux que pour celui qui l’a écrit sur la carte. Le genre de terrain où tu crois récupérer, mais en fait tu continues juste à mourir plus lentement.
Et puis, peu après la mi-course, arrive le Suc au May. Pente irrégulière, jambes qui brûlent, et sélection naturelle garantie. Là, les moins solides vont commencer à regarder leur compteur.
Ensuite, on remet ça avec le Mont Bessou. Parce qu’évidemment, quand tu as déjà secoué tout le monde, autant finir le travail proprement. À ce moment-là, il ne restera plus que 25 kilomètres pour rejoindre Ussel, mais attention : 25 kilomètres corréziens. Traduction : encore quelques toboggans, des petites bosses casse-pattes, et des descentes où tu récupères ton souffle.
Les sprinteurs ? On les embrasse. Ils seront probablement quelque part derrière, en train de négocier avec leur directeur sportif et la voiture-balai. Les favoris du général, eux, pourraient rester au chaud si ça ne s’emballe pas trop, mais sur ce genre d’étape, une bordure, un coup de moins bien ou un équipier qui explose, et tout le monde se retrouve à faire des comptes d’apothicaire.
En résumé : une étape pour baroudeurs solides, grimpeurs malins et coureurs qui aiment souffrir sans forcément le dire trop fort. L’échappée a de vraies chances, mais seulement si elle est composée de types capables d’avaler les bosses corréziennes comme d’autres avalent un canon de rouge cul sec au comptoir.
Bref, à Ussel, celui qui lève les bras ne sera pas venu là par hasard. Il aura gagné à l’ancienne : à la cuisse, au courage!