Là, on attaque du très lourd. L’Alpe d’Huez, ce n’est pas juste une montée, c’est un monument, un mythe, une vieille légende du Tour avec des lacets, le virage 7 des Hollandais et des vainqueurs qui deviennent des éternels héros.
Et cette fois, l’Alpe montre deux visages sur deux jours. Autant dire que les organisateurs ont regardé les coureurs et se sont dit : “Ils ont l’air encore un peu frais non? On va leur en remettre une louche.” Parce qu’une seule montée mythique, c’était déjà copieux. Alors deux jours, c’est inhumain.
Dans ce premier volet, ça peut partir de partout, n’importe quand, avec des gars qui vont tenter leur chance bien avant le dernier kilomètre. Le col Bayard pourrait déjà donner des idées aux ambitieux, surtout à ceux qui n’ont plus grand-chose à défendre mais encore soif de victoire.
Mais attention, attaquer loin, c’est joli sur le papier. Après, il faut tenir. Et derrière, il y a le col du Noyer puis le col d’Ornon. Là, c’est plus la même chanson. Tu peux très bien partir avec panache au Bayard et finir dans l’Ornon avec la tête dans le guidon et les oreilles qui tombent comme un cocker.
Le col du Noyer, déjà, il peut faire tomber les masques.
Puis l’Ornon remettra une couche, histoire de trier ceux qui ont vraiment les moyens de leurs ambitions. Parce que dans le vélo, on connaît la musique : tout le monde veut tenter un coup, mais au moment où la route se cabre, il y a souvent moins de volontaires qu’au moment de monter casser la croute au ravito.
Et après tout ça, il restera l’Alpe d’Huez. Les fameux 21 virages. Ceux que tout le monde connaît, ceux que les supporters attendent depuis trois jours avec la glacière, le bob, la cloche et les chansons Hollandaises en soulevant des chaises. Pour les coureurs, chaque virage, c’est une petite victoire. Tu en passes un, il en reste vingt. Puis dix-neuf. Puis dix-huit. Et à force, tu comptes plus les lacets, tu comptes les gouttes de sueur qui restent sur le goudron.
En résumé : étape nerveuse, terrain parfait pour tenter un coup de loin, Bayard pour allumer la mèche, Noyer et Ornon pour voir qui a vraiment de la caisse, puis l’Alpe d’Huez pour finir le travail.
