Dernière étape de montagne. Et quelle étape!
5 600 mètres de dénivelé positif. Rien que de le lire, t’as déjà les cuisses qui crient à l’aide.
Et le pire, c’est que ça arrive la veille de l’arrivée finale.
Le menu fait peur rien qu’à l’annoncer : col de la Croix de Fer pour commencer. Déjà, celui-là, ce n’est pas une mise en bouche. C’est long, c’est dur, c’est alpin, ça te rappelle vite que les watts sur Strava, c’est mignon, mais que la vraie montagne, elle s’en fiche de ton abonnement premium.
Ensuite, on attaque le Télégraphe. Le nom est joli, presque poétique. En réalité, c’est surtout là que beaucoup vont envoyer un message très clair : “Boss, je suis occis” Et comme si ça ne suffisait pas, derrière, il y a le Galibier. Le toit du Tour. Le grand monsieur. Le genre de col où tu ne montes pas seulement avec les jambes, tu montes avec tout ce qu’il te reste : les poumons, le mental, les yeux, les orteils, bref, tout ce qui te reste de vivant pour arriver en haut.
Et puis, parce qu’apparemment il restait encore un peu de place dans le carnet de torture, il faudra aller chercher la station iséroise par le col de Sarenne. Une route empruntée en 2013, mais dans l’autre sens, à la descente. Là, on inverse la blague. Ce qui était déjà piégeux à descendre devient carrément une invitation à finir l’étape en parlant à son guidon.
Les coureurs vont découvrir, les directeurs sportifs vont improviser avec leurs tablettes, et nous, au comptoir, on fera comme d’habitude : on expliquera très sérieusement que “là, moi, j’aurais attaqué plus tôt”, en reprenant une poignée de cacahuètes.
En résumé : la plus grosse étape du Tour, la veille de Paris, avec Croix de Fer, Télégraphe, Galibier et Sarenne au menu. Une boucherie alpine pour les favoris, un terrain de légende pour les grimpeurs, et une journée où les écarts peuvent se creuser plus vite que le trou de la sécu.
